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Malone03 Bourbonnais est un blog sans prétention où il est question du département de l'Allier, en fait de quelques communes du Nord-Est comme Sorbier, Vaumas Châtelperron, Saint-Léon, Saint-Pourçain-sur-Besbre ou Thionne... Mais pas seulement . Il est aussi question de recettes, d'informatique, de cartes postales, de métiers anciens, d' adresses d'artisans et de commerçants, d'hommages et de jardinage... Il y a 1050 messages publiés dont la qualité n'est pas égale, et Vous chères lectrices et chers lecteurs Vous trouverez tous les messages ici par ce lien. Malone03 fête ses dix ans d'existence au mois de juillet 2017. Il fut une sorte de pionnier dans la région, aujourd'hui toutes les communes, toutes les entreprises possèdent leur site et leur blogue... donc il a fallu s'adapter et les histoires des anciens, du petit caillou inconnu m'intéressent comme beaucoup d'entre Vous.
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L'association « Défense du Patrimoine Est Allier » en partenariat avec le cinéma René Fallet présentent : Un documentaire sur les Martyrs de Vingré



Les Martyrs de Vingré , un documentaire de Caroline Puig-Grenetier

L’association « Défense du Patrimoine Est Allier » en partenariat avec le cinéma René Fallet propose samedi 14 janvier à 15 heures une projection d’un documentaire de la réalisatrice Caroline Puig-Grenetier sur les Martyrs de Vingré. L’occasion de revenir sur un évènement dramatique de la Première Guerre Mondiale dont on déplore trois victimes bourbonnaises.

Les Martyrs de Vingré sont six poilus, le caporal Paul Henry Floch, les soldats Jean Blanchard, Francisque Durantet, Pierre Gay, Claude Pettelet et Jean Quinault, appartenant au 298e RI, connus pour avoir été fusillés pour l'exemple pendant la Première Guerre mondiale le 4 décembre 1914 et réhabilités par la Cour de Cassation le 29 janvier 1921.

Les faits : Le 27 novembre 1914, après une préparation d'artillerie qui démolit une partie de leur tranchée, les soldats du 298e RI furent surpris par une attaque allemande qui fit plusieurs prisonniers. Une demi-section française dut alors se replier dans les boyaux. 


Le bombardement terminé, elle retourna dans la tranchée conquise par les Allemands et les en délogea, reprenant le contrôle de son emplacement. Mais à l'issue de cette escarmouche, une dizaine de soldats du 298e étaient restés prisonniers de l'ennemi. Les deux escouades (24 hommes) qui avaient momentanément abandonné leur tranchée furent alors prévenues d'abandon de poste en présence de l’ennemi. Lors de l'enquête sommaire, les soldats indiquèrent avoir reculé sur ordre du sous-lieutenant Paulaud, et s’être repliés dans une tranchée à l’arrière de la tranchée où l’attaque allemande s'était déroulée. 

Le sous-lieutenant Paulaud soutient ne pas avoir donné cet ordre de repli, au contraire il accable les 24 soldats. Le 3 décembre, le conseil de guerre spécial du 298e RI, à l'issue d'un tirage au sort désigne six d’entre eux qui sont fusillés pour l'exemple le 4 décembre 1914, suivant les directives données à ce conseil par le général Étienne de Villaret pour aider les combattants à retrouver le goût de l'obéissance. La dernière lettre du caporal Henry Floch à sa femme Lucie résume bien les faits : " Ma bien chère Lucie, quand cette lettre te parviendra, je serai mort fusillé. Voici pourquoi : le 27 novembre, vers 5 heures du soir, après un violent bombardement de deux heures, dans une tranchée de première ligne, et alors que nous finissions la soupe, des Allemands se sont amenés dans la tranchée, m’ont fait prisonnier avec deux autres camarades. J’ai profité d’un moment de bousculade pour m’échapper des mains des Allemands. J’ai suivi mes camarades, et ensuite, j’ai été accusé d’abandon de poste en présence de l’ennemi.Nous sommes passés vingt-quatre hier soir au Conseil de Guerre. Six ont été condamnés à mort dont moi. Je ne suis pas plus coupable que les autres, mais il faut un exemple. Mon portefeuille te parviendra et ce qu’il y a dedans. Je te fais mes derniers adieux à la hâte, les larmes aux yeux, l’âme en peine. Je te demande à genoux humblement pardon pour toute la peine que je vais te causer et l’embarras dans lequel je vais te mettre… Ma petite Lucie, encore une fois, pardon. Je vais me confesser à l’instant, et espère te revoir dans un monde meilleur. Je meurs innocent du crime d’abandon de poste qui m’est reproché. Si au lieu de m’échapper des Allemands, j’étais resté prisonnier, j’aurais encore la vie sauve. C’est la fatalité. Ma dernière pensée, à toi, jusqu’au bout. Henry Floch "
 
Le Journal de marche du régiment, signale l'exécution à la date du 4 décembre : « L'exécution des 6 condamnés à mort a lieu à 7h30, à 200m à l'ouest du calvaire de Vingré, situé à l'embranchement des deux chemins allant à Nouvion. Assistent à la parade d'exécution les quatrième compagnie de réserve du 298e, deuxième compagnie du 216e et une compagnie du 238e. Les troupes sont commandées par le Lieutenant-Colonel Pinoteau. Les condamnés qui ont passé la nuit dans la prison du poste de police sont amenés à 7h30 par un piquet de 50 hommes et fusillés. Après l'exécution qui se passe sans incident, les troupes défilent devant les cadavres et rentrent dans leurs cantonnements ».
Voici ce que le soldat Jean Quinault écrit à sa femme la veille de son exécution : "Je t'écris mes dernières nouvelles. C'est fini pour moi. J'ai pas le courage. Il nous est arrivé une histoire dans la compagnie. Nous sommes passés 24 au conseil de guerre. Nous sommes 6 condamnés à mort. Moi, je suis dans les 6 et je ne suis pas plus coupable que les camarades, mais notre vie est sacrifiée pour les autres. Dernier adieu, chère petite femme. C'est fini pour moi. Dernière lettre de moi, décédé pour un motif dont je ne sais pas bien la raison. Les officiers ont tous les torts et c'est nous qui sommes condamnés à payer pour eux. Jamais j'aurais cru finir mes jours à Vingré et surtout d'être fusillés pour si peu de chose et n'être pas coupable. Ça ne s'est jamais vu, une affaire comme cela. Je suis enterré à Vingré ... ".

La double peine : La famille du soldat fusillé pour l'exemple était doublement touchée du deuil. En effet la honte d'avoir eu un frère, un père, un époux condamné pour sa lâcheté était très difficile à supporter. Cela s'ajoutait inéluctablement au poids du deuil. De plus les femmes des fusillés restaient démunies financièrement ne recevant pas la pension attribuée aux veuves de guerre. Le frère de Henry Floch, Emile Floch indique lors de l'inauguration du monument de Vingré en 1925 : « Nous avons vécu dans une atmosphère affreuse de la suspicion illégitime et la honte injustifiée ». Le fils de Claude Pettelet a dû être retiré de l'école, son éducation sera confiée à un précepteur. La veuve Pettelet ayant reçu des insultes et des menaces, elle sort dans la rue avec un pistolet pour se protéger.
La réhabilitation : En février 1919, les veuves des soldats Blanchard et Durantet entreprirent les premières démarches pour la réhabilitation de leurs conjoints en écrivant au docteur Laurent, député de Roanne. Mais c’est avant tout la détermination et l’acharnement de Claudius Lafloque, un ancien du 298e RI, qui permit de faire avancer la requête (échange de correspondances avec le ministère de la Justice, obtention de nombreux témoignages mettant en accusation directe le sous-lieutenant Paulaud, etc.). Avec l’aide d’un avocat, le ministère, mis sous pression, finit par accepter la révision du procès. L’audience devant la Cour de Cassation eut lieu les 30 novembre et 1er décembre 1920 et le verdict fut rendu le 29 janvier 1921. Il cassait le jugement du 4 décembre 1914, et rétablissait les familles des fusillés dans leur plein droit y compris pour le paiement des arrérages de pension depuis 1914. L'arrêt de la cour de cassation du 29 janvier 1921 a été publié au Journal Officiel du 18 février 1921 : « Attendu que le sous lieutenant Paulaud… peut-être considéré comme ayant été un des principaux témoins de l’accusation qu’au moment de la panique le chef de section, sous-lieutenant Paulaud, sorti de son abri voisin, leur avait donné l’ordre de se replier sur la tranchée de résistance ; que cet officier était parti lui-même précipitamment et l’un des premiers dans cette direction. Attendu que le lieutenant Paupier, qui commandait la compagnie et se trouvait dans la tranchée de résistance a déclaré qu’en effet le sous-lieutenant Paulaud était arrivé l’un des premiers au moment de la panique de cette tranchée… Attendu qu’il importe de constater que le sous-lieutenant Paulaud lui-même a exprimé sa conviction de l’innocence des condamnés, quelques instants après leur exécution, et qu’il a affirmé à nouveau cette conviction à diverses reprises dans ces dernières dépositions.

Pour ces motifs : CASSE et ANNULE le jugement du Conseil de Guerre spécial de la 53e division d’infanterie, en date du 3 décembre 1914, qui a confirmé le caporal Floch, les soldats Gay, Pettelet, Quinault, Blanchard et Durantet à la peine de mort. Décharge leur mémoire de cette condamnation » . À la suite de ce jugement, le lieutenant Paulaud fut inculpé pour faux témoignage par le ministère de la Guerre et jugé les 4 et 5 octobre 1921 devant le conseil de guerre de la 13e Région militaire. Le commissaire du gouvernement requit 3 ans de prison et sa destitution mais, 7 ans après les faits, les preuves de sa culpabilité étant difficiles à établir, il fut finalement acquitté au grand mécontentement des anciens combattants. Selon l'historien Nicolas Offenstadt c'est le seul officier qui passa en jugement pour son rôle dans une exécution. En juillet 1929, Emile Floch, frère du caporal Floch, porta plainte pour forfaiture contre les officiers jugés responsables de la condamnation de 1914 : le général Étienne de Villaret, le colonel Pinoteau et le commandant Guignot. Cette plainte fut classée sans suite.
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Source : M. Sébastien Joly
La projection du documentaire est libre et gratuite.
Plus d’infos sur le site Internet Wikipédia : « Les Martyrs de Vingré ».
Renseignements : Sébastien Joly, président « Défense du Patrimoine Est Allier » par mail : sebastienjoly@live.fr ou par téléphone : 06.84.73.16.73.

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