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Histoire archéologie et tourisme | Le Temple de Mercure sur le puy de Dôme

Le Temple de Mercure sur le puy de Dôme

De Saint-Paulien en Velay, de Javols en Gévaudan, de Rodez, de Cahors, de Périgueux, de Limoges et de Bourges, sept chemins partis de toutes les rivières, gravissant toutes les montagnes, venaient se joindre sur la Colline lumineuse et au lieu saint où Augustin avait bâti la nouvelle capitale du peuple arverme, Augustonemetum, Clermont héritière de Gergovie. 

C'est ainsi que Camille Jullian (1859 - 1933) auteur de l' Histoire de la Gaule,  première approche scientifique de la Gaule, présente Clermont et souligne que le nom de la ville allie ainsi celui d'Auguste au terme nemeton ou lieu sacré. Ce fut le nom officiel de jusqu'au III ème siècle. Et lorsque la cité en changea, ce fut pour prendre celui de clarus mons, perpétuant ainsi son caractère exceptionnel. Le lieu sacré était alors la colline  qui porte aujourd'hui la cathédrale et devait s'orner du grand temple dédié à Belenos (dieu gaulois dont le nom signifie, brillant, lumineux) ou Apollon. Jullian précise que clarus mons est l'équivalent de Lugdunum (Lyon) où
le culte apollinaire était en si grande faveur. Ainsi faut-il rapprocher et le nom de la ville ( lug : clarus, et dunum : mons) et le culte lyonnais du corbeau, compagnon d'Apollon. On n'a pas retrouvé grand-chose du premier Clermont sauf, le Mur des Sarrasins.

Mais Clermont n'est qu'une colline, ne s'élevant qu'à 400 mètres. Si son site a pu assumer un rôle exemplaire, c'est qu'il se trouve au centre d'un amphithéâtre de puys, au centre de ce collier d'anciens cratères et de sommets volcaniques, et surtout au pied oriental du plus fameux d'entre eux, le puy de Dôme ( l'adjectif oriental a toute son importance, le franc-maçon ou l'initié, comprennent que la géographie sacrée n'est pas le fruit du hasard). Celui-ci culmine  à 1465 mètres et domine un des plus vastes horizons montagneux de France. Il fallait qu'il soit consacré et des ruines en couvrent le sommet. Ce sont celles de l'un des plus beaux et des plus riches sanctuaires de la Gaule, dédié au dieu Mercure, baptisé ici Dumias. franc-maçonnerie
.

 
Ce temple n'était en fait que le piédestal d'une statue gigantesque du dieu Mercure, probablement la plus grande qu'ait jamais admiré les Gaulois. Pline l'Ancien nous dit que sa fonte avait duré dix ans, sous la surveillance du sculpteur Zénodore qui ne quitta le puy de Dôme qu'après avoir assuré la mise en place du colosse. Le tout coûta quarante millions de sesterces (soit dix millions de francs-or ou environ 28 millions d'euros) aux Arvermes.

Pline, malheureusement ne nous dit pas combien mesurait cette statue et les estimations modernes varient entre 20 mètres et 40 mètres de hauteur. Il reste à découvrir le Mercure arverme. Aucun fragment n'en a été mis au jour. Peut-être a-t-il été volé, fondu, englouti par un lac christianisateur. A moins, comme le suggère Grenier, que l'on ait mal cherché encore sous la chapelle Saint-Barnabé qui protège aujourd'hui les petits-fils des Arvermes.
Gaules
Si le temple servait principalement de socle au dieu Mercure, le ou les sanctuaires s'échelonnaient au pied du puy vers Clermont. De vastes escaliers, des terrasses à ciel ouvert permettaient à une population importante de prier le dieu national. Ce fut pour longtemps le lieu de pèlerinage le plus fameux de l'Occident, et les Italiens eux-mêmes, enfants de ceux qui attaquèrent Gergovie, viendront à leur tour prier sur la montagne sainte. Au cours du III ème siècle, malheureusement, les invasions barbares, celles des Francs et des Alamans convergent vers Clermont qui sera envahi. La légende prétend que les Germains étaient conduits par Chrocus, ce fameux chef de bande dont les exactions ont nourri la mythologie française. Grégoire de Tours rapporte que ce " Chrocus après avoir accompli un certain nombre de méchancetés, venant en Auvergne, il incendie, détruit et démolit le temple qu'on appelle dans la langue gauloise Vasso Galate. Ce temple avait été fait et restauré admirablement. Son mur était double, il était formé au-dedans de menu blocage et à l'extérieur de pierre de taille. Ce mur avait une épaisseur de trente pieds Quant à l'intérieur, il était décoré de marbre et de mosaïques. Le pavage aussi était de marbre. Au-dessus, il y avait un toit de plomb." On notera que Grégoire de Tours ne peut  s'empêcher de céder à un mouvement d'admiration, inattendu de sa part, en face d'un temple du paganisme. Il fallait que le sanctuaire fût impressionnant. Mais il ne souffle mot de la statue. Probablement avait-elle disparu de son temps. 

Lorsque vous viendrez dans notre belle région, pensez à ces quelques mots en visitant le temple de Mercure sur le Puy de Dôme...